Archives pour la catégorie histoire de Lattainville

Depuis le début!

notice historique couvertureNotice rééditée et quelques exemplaires disponibles en mairie au prix de 15€. Habitants du village: 10€

Le village de LATTAINVILLE date  de l’époque gallo-romaine au moins, en atteste des traces de villa romaine et d’un vicus.  Son nom proviendrait de la Villa de Watten, un saxon envahisseur qui se serait installé là.    Des haches polies du Néolithique ont été trouvées  sur les terres de la commune.   Au Moyen-age, sa situation déjà frontalière avec Gisors , possession Normande IXe siecle puis Anglo-Normande Xiesiecle la mit dans la tourmente des conflits entre Angeterre et Royaume de France.   L’existence d’un petit château fort à l’emplacement de l’actuel château est attestée par un reste de mur encore visible vers 1900.     La terre de Lattainville dépendait au temps féodal de la seigneurie du Comte Hugues de Chaumont ( 1210), puis au début du XIVe siecle elle dépend de la chatellerie de Trie le chatel, comte de Dammartin ou de Trie. On compte Lattainville parmi les immenses possessions du richissime baron Jaques de Trie, mort en 1432.  En 1590 le village fut dévasté et incendié par les Ligueurs commandés par le Duc du Maine.   L’actuelle mairie, la plus ancienne maison du village,  daterait de cette époque.   Puis à partir du XVIIe siecle la seigneurerie de Lattainville échu dans l’héritage de la famille Bourbon Conti, résident à Trie-Chateau.   A la vente de ce château, en 1782,  elle entre en possession du Comte de Chambors, Jean-Baptiste de la Boissière, dont tous les biens sont confisqués en 1793 à la révolution.   Lattainville, bien national est vendu par lots dont certains à Jean-Baptiste Crevecoeur. Qui en devient le premier Maire républicain.  Lattainville devient une commune indépendante en 1832.  En 1859 Il y a 131 habitants dans 40 maisons, une école, un lavoir, une fontaine, et un revenu de… 276 francs.  Parmi les maires qui se sont succédés jusqu’à maintenant, citons Léonard Lemaître, Daniel Lemaître, Jean-Pierre Gorsse, Martine Gattelier, Samuel Levallois…

Les signatures des maires

 

 

famille LEMAITRE. ancètres jpg

 

 

généalogie LEMAITRE

Le château

 1883, année ou Mr HENON Désiré , petit fils de Jean Baptiste Crèvecoeur et négociant à Paris, saisit l’occasion de la vente de la ferme ancestrale pour venir s’y installer avec son épouse .

Ils se font connaître et vite apprécier des habitants du village en les invitant à plusieurs repas champêtres à l’ambiance conviviale. Cette coutume s’était perdue depuis JB Crevecoeur et ainsi tout le monde retrouve une atmosphère propice aux rencontres et aux échanges !

L’année d’après, justement ce sont les élections !, et Mr HENON est élu haut la main. La ferme qui compte alors une quinzaine d’employés marche à plein : élevage, chevaux, culture…. et le couple qui a les moyens s’offre quelques petits voyages.

C’est lors d’un déplacement dans la région d’Arcachon que Madame HENON découvre une villa originale récemment construite dans le style « Troubadour », pastiche du moyen-age, dont elle tombe amoureuse . Le terrain au-dessus de la ferme n’étant plus occupé que par quelques pierres : ruines de l’ancien château fort et même d’un camp fortifié romain !… , elle convoque les frères Pauchot, bâtisseurs de la villa d’Arcachon, et leur commande un château fantastique.

Ils s’inspirent de châteaux écossais et leur imagination fait le reste ! dans une prouesse technique d’avant garde puisqu’ils utilisent le tout nouveau béton armé !

Le chantier est terminé peu avant le changement de siècle.

Ainsi Le couple peut profiter de l’été et regarder les étoiles filantes à la longue vue sur le solarium tout en haut, ou bien inviter des amis pour le thé et prendre des photos, la technique vient juste d’être inventée et n’est pas si courante que maintenant !…

Ne manque plus que la bénédiction de la chapelle !

On invite rien de moins que l’évêque de Beauvais, qui vient au château avec sa suite le 23 septembre 1902. Sur la photo, devant le pont- levis, on reconnaît bien Monseigneur Douais, le vicaire Dubois, les curés doyens de Gisors, d’Estrées, de Chaumont, suivis du curé de Courcelles et du châtelain de Délincourt !

Après une légère collation tout ce monde fait l’honneur d’une visite courtoise à l’ église du village et descend en procession pour venir saluer Mr le curé qui a eu la bonne idée ensuite de coucher par écrit le récit des évènements , ce qui me permet de vous les raconter un siècle plus tard !

Un grand merci aussi à Mr Hamann, arrière petit neveu de Mr Hénon, qui m’a envoyé par internet ces photos historiques !

. Il y aura même un faux dolmen dans le parc.  Pas moins de 25 cartes postales représentant le château seront éditées à la belle époque..  A la fin de la dernière guerre, le château a abrité quelques officiers allemands, un char a été repéré dans le parc par un avion allié qui l’a bombardé . Ce qui a  aussi  détruit un grand nombre de vitres dans les alentours. Le béton armé n’existait pas encore et le ciment , moins solide, aura tendance à s’effriter et à faire rouiller les fers. Cependant grâce à d’importantes restaurations le monument est dans un état remarquable.   Après avoir été la propriété de la famille Gorsse, c’est actuellement encore une propriété privée habitée.

P. Chatelain

Vers 1930: La famille Deneyer

La famille Gorse,

 merci à JP Gorsse , JP Lefevre 2008

L’église

carte postale eglise

Lattainville  fût  une paroisse dépendante de l’abbaye de Gomerfontaine ( entre Trie château et Bertichères) depuis 1210. Le Saint patron de l’église est St Germain l’Auxerrois, la nef en est la partie la moins ancienne, elle a été restaurée une première fois par Jean-Baptiste Crevecoeur, et  plus récemment par un autre maire Jean-Pierre Gorsse, qui a aussi fait procéder à ses frais à la remise en état des tableaux.  L’église contient la pierre tombale de la femme d’Henri Thomas, sieur de Lattainville vers 1676.  La cloche a été baptisée Mariane en 1743 en l’honneur de Mariane de Vielville, Abbesse de Gomerfontaine.

Armoiries peintes sur céramique par Sylvie JULIENarmoiries peintes par Sylvie Jullien

qui habitait au N°2, rue de Délincourt vers 2000.

« D’or, au sautoir de gueules chargé en cœur d’un écusson d’azur à la crosse d’or accostée du même de deux lettres G et F »

L’écu est surmonté d’une couronne murale à trois merlons et il a pour support deux cigognes au naturel. Il est soutenu d’un listel portant l’inscription WATTEN VILLA en lettres onciales de sable.

Symbolisme de la composition :

Deux familles importantes de Lattainville du XVIeme et XVIIeme siècles portent dans

leur blason un sautoir de gueules sur fond d’or :

  • Les LE BRET : or en sautoir de gueules , chargé d’un écusson et d’un lion.
  • Les THOMAS, dont les Thomas de Saint André : sautoir de gueules sur fond d’or, avec au centre un écusson à bande faillie à gauche surmontée d’une tête de Maure.

Nous retrouvons ces armoiries sur la pierre tombale de la femme d’Henry THOMAS, dans l’église :

L’écu a pour support les cigognes des Thomas que nous retrouvons également dans plusieurs enluminures du manuscrit de la confrérie de l’Assomption à Gisors.

C’est pour cette raison que l’héraldiste commandité par Jean-Pierre GORSSE dans les années 1980 a utilisé à la fois le sautoir de ces deux familles et les cigognes en support des Thomas.

L’écusson central a été transformé en celui de l’abbaye royale de Gomerfontaine, crosse d’or, lettres G & F, sur fond d’azur.

En effet , l’église de la commune, placée sous le vocable de ST GERMAIN L’AUXERROIS, appartenait à cette abbaye, située entre Trie-Chateau et Bertichères, depuis 1212.

La couronne murale à trois merlons symbolise le château primitif de Lattainville, ancienne forteresse de défense du Vexin Français, dont il ne restait qu’un petit morceau de mur en ruine à la fin du XIXe siècle.

Le nom WATTEN VILLA, ce qui signifie « le domaine de Watto » est répertorié en 1190 comme l’origine du nom du village.

La cloche:

La restauration du chemin de croix:

En 2016, Christiane Lefevre aidée de son mari Jean Pierre a repeint minutieusement et avec art  les tableaux du chemin de croix du XIX e siècle:

Intérieur de l’église autrefois: